Impossible n’est pas concierge

Sonnette d'hôtelOn connaissait de loin le concept, emblématique des buildings chics qui bordent Central Park. On les a vu débarquer dans les entreprises puis fleurir dans nos quartiers. Depuis le début des années 2000, les conciergeries ont su se rendre indispensables.

Trouver un plombier en urgence ou une baby-sitter pour ce soir, faire garder son chien, réserver une séance au spa, récupérer les courses au drive ou organiser ses prochaines vacances… De plus en plus de particuliers préfèrent déléguer les tâches domestiques par manque de temps. Les conciergeries privées, elles, se frottent les mains. Discrètes, à l’image de leur métier, elles n’en sont pas moins en plein essor. Selon le cabinet d’analyse Xerfi, « entre 2011 et 2017, le chiffre d’affaires de ces sociétés a doublé, avec un rythme de croissance attendu d’ici deux ans autour de 14 % ».

« Rendre service, c’est d’abord de l’humain »

Un marché estimé à 50 millions d’euros en France, qui s’indexe sur un besoin grandissant de bien-être et d’une meilleure qualité de vie. L’offre se pare donc d’une gamme toujours plus étendue de services : achats des cadeaux de Noël, négociation de tarifs d’électricien, key-kipping, transfert VTC, recherches immobilières, inscriptions en crèche, classement administratif, assistant
shopping voire conseil en home-staging… Pour Xerfi encore, « sur ce marché en pleine effervescence, les gagnants seront les plus innovants ». Pour preuve : les nouveaux acteurs de la sphère digitale dépoussièrent les prestations traditionnelles, à l’image de Bnbsitter et de Welkeys qui surfent sur le succès d’Airbnb pour gérer la location 2.0 de votre logement et vous aident même
à estimer vos revenus, le tout en deux clics.

L’instantané est un luxe

Sempiternelle course contre le temps, charge mentale et isolement : les conciergeries privées se veulent plus qu’un pas de porte de proximité. « Plus humain et plus pratique » est le crédo d’Open Loge, installée dans la Ville rose depuis 2016.

Après Reims, Paris, Dijon et Annecy, la loge toulousaine met directement en contact des concierges microentrepreneurs avec le grand public en recherche d’un coup de main : « Le pet-sitting et la gestion locative des appartements Airbnb sont nos principales demandes, mais nous manquons de bricoleurs et d’experts informatiques », précise Nathalie Sénard, la coordinatrice toulousaine qui anime un réseau de 200 abonnés à sa newsletter. De l’étudiante au couple de notaire et avocat, en passant par une directrice d’école et des personnes âgées, il n’y a pas de client type, car « rendre service, c’est d’abord de l’humain » affirme Nathalie Sénard.

Grâce à sa plateforme collaborative en ligne, Open Loge réussit le pari de gommer les intermédiaires sans sacrifier à la qualité, ni au lien social. Entre solidarité, économie collaborative et nouvelles technologies, ces conciergeries ouvertes troquent l’élitisme contre le vivre-ensemble et démocratisent le principe d’assistant personnel.