Sur les traces de Georgette et George

Georgette et Georges
© Tracks & Georget

Utilisée par de grands chefs et plusieurs fois médaillée d’or au concours Lépine, la Georgette révolutionne les arts de la table. Cette cuillère ariégeoise, au design doux et rassurant, convoque écologie, ergonomie et sociologie. Elle est désormais accompagnée du couteau George.

Georgette casse les codes. À première vue, les convives sont en présence d’une cuillère servie par une jolie courbure et une fine bordure. Mais sur sa tête, quatre petits pics se dressent comme des griffes. Ce sont des fourchons, prêts à piquer. Cette invention ariégeoise réunit les fonctions de cuillère, fourchette et couteau. L’idée s’est imposée à Jean-Louis Orengo lors d’une expédition dans le grand Nord pour étudier la faune sauvage. L’homme est passionné d’ichnologie, l’étude des traces – en témoigne la patte d’ours poinçonnée au dos de Georgette. Pour s’alléger au maximum, il s’est retrouvé à manger sa viande à la cuillère… La réflexion est amorcée, puisant dans l’ergonomie, l’écologie et la sociologie. « La cuillère est le seul couvert universel, c’est aussi l’outil que l’on a sur soi », explique l’inventeur, enjoignant à serrer tous les doigts d’une main pour former une coupe. Après une première version trop large, les recherches continuent. Les débuts sont difficiles : « Cela ne correspond pas à nos habitudes, ni aux arts de la table. »

Biodégradable

La gamme se diversifie, pour droitiers et gauchers, en inox, métal et titanium (la plus chic). La petite Demoiselle Georgette est créée, suivie du modèle Aventure, extra léger. La version biodégradable, idéale pour les cocktails, voit le jour. L’écologie est dans l’ADN même de Georgette. « En fabriquant un seul objet, on limite l’impact », reprend Jean-Louis Orengo. La dernière en date, Unik, a une toute petite cuillère à l’extrémité du manche. « Elle est adaptée à la restauration collective, car elle permet de diminuer les cycles de vaisselle. »

Georgette
© Laurence Jeanson

George aussi primé au concours Lépine

En 2016, la consécration tombe. Georgette est médaillée d’or au concours Lépine international de Paris. À Toulouse, la maison Habiague, l’un des premiers distributeurs, note un pic des commandes. Dès lors, une pluie de distinctions s’abat, dont la médaille d’or au Salon international des inventions de Genève en 2017. L’année suivante, c’est George qui décroche l’or au Concours Lépine méditerranéen de Montpellier. Car Georgette a désormais un compagnon : un couteau léger malgré son manche épais et son double taillant qui permet de couper et d’émincer.

Un nouvel art de la table

Les chefs aussi en veulent à leur table, comme les étoilés Hélène Darroze à Paris et Thierry Merville à Castanet-Tolosan. « À chaque fois qu’Alain Ducasse crée un restaurant dans le monde, il m’en commande », souffle Jean-Louis Orengo. « J’ai le sentiment que nous sommes aux prémices d’un nouvel art de la table. »