Fiers de Lettres, des filles engagées

Un véritable temple dédié à littérature engagée, à impact positif. Depuis un an, à Montpellier, la librairie-salon de thé Fiers de Lettres rassemble les ouvrages qui contribuent à un monde meilleur, plus solidaire. De la BD à l’essai, du féminisme à la permaculture, pour tous les âges et tous les budgets.

Fiers de Lettres Montpellier
©Nanda Gonzague



Nichée au coeur de l’Écusson, la vieille ville de Montpellier, Fiers de Lettres offre un espace idéal à tous celles et ceux qui veulent prendre le temps de découvrir un livre, de refaire le monde avec des amis, de savourer un
gâteau vegan avec un jus de fruits bio. Avec ses grandes étagères en bois clair qui mettent en valeur les ouvrages, ses chaises et tables dépareillées, chinées ou recyclées, et sa vaisselle tout en délicatesse, l’endroit est beau, simple et accueillant.

Si les Montpelliérains se donnent de plus en plus rendez-vous au numéro 1 de la rue du Bras de fer, c’est aussi pour son identité particulière. Car à bien y regarder, les livres ont ici un point commun : leur contribution à un monde meilleur, plus solidaire. Bande dessinée, livre jeunesse, essai, poésie, roman policier ou d’anticipation… Tous nous parlent de féminisme, de genre, de démocratie participative, de permaculture, de lombricompostage, d’anthropocène, de lutte contre le dérèglement climatique.

Chloé Bellue n’a pas hésité lorsque Wissam Mimouni lui a proposé de participer à la création de cette librairie engagée, à impact : « Consultante en performance industrielle, elle avait envie de donner plus de sens à son action. Venant de l’accompagnement aux entreprises de l’économie sociale et solidaire, je voulais mettre en pratique ce en quoi je crois. »
Leur bébé a tout juste un an. Pour se lancer, elles ont fait appel au financement participatif. « 130 personnes ont contribué. Nous voulions surtout créer une communauté de lecteurs. Notre entreprise revendique une gouvernance partagée,un encadrement des salaires et une réinjection des excédents dans la librairie.
Nous mettons en pratique ce que nous défendons à travers nos choix de livres. » Leurs éditeurs fétiches sont Rue de l’échiquier, Actes Sud-Le monde des possibles ou encore La ville brûle.

5 000 références

Fiers de Lettres
©Nanda-Gonzague

Ces deux passionnées créent une relation de confiance avec les lecteurs. Un conseil pour un ouvrage sur le féminisme ? Ce sera “Camel Joe”, une BD de Claire Duplan. Un livre pour aider les enfants à s’éveiller à l’écologie ? “Terramania” d’Emmanuelle Figueras. Un roman qui met à l’honneur la transmission ? “L’art de perdre”d’Alice Zeniter. Au total, près de 5000 références, pour tous les budgets. Des conférences et rencontres avec des auteurs sont également organisées.


Et une fois par mois, le dimanche, c’est un moment dédié aux enfants dès 3 ans. Le prochain porte sur la question du genre. Fiers de lettres s’inscrit également dans une communauté de vie au sein de la rue du Bras de fer. « La plus belle rue de Montpellier ! Avec des commerçants qui partagent nos valeurs » se réjouit Chloé Bellue. Pour ses gâteaux, la librairie se fournit chez Citron, la pâtisserie bio toute proche ; pour ses jus de fruits, chez Le marché local. Tous effectuent leurs achats en payant avec La Graine, la monnaie locale complémentaire née à Montpellier. Vous avez dit cohérent
?