À Carcassonne, l’hôtel de la Cité fête ses 110 ans

Érigé sur les ruines de l’ancien palais épiscopal, l’Hôtel de la Cité est en partie classé monument historique. Cet établissement cinq étoiles, qui fête cette année ses 110 ans, puise ses origines dans l’épopée de la Cité de Carcassonne.

Hotel de la Cite
@Jérôme Congres – Cité Hotels

L’Hôtel de la Cité est bien à l’abri depuis 110 ans entre les remparts de Carcassonne et la basilique Saint-Nazaire. En 1998, le rez-de-chaussée était classé par les Monuments historiques. « Un an après le classement de la cité au patrimoine mondial de l’Unesco ǃ », précise Adélaïde Pujol, directrice qualité, produit et expérience client pour le groupe Cité Hôtels. Deux histoires intimement liées et contées en silence depuis 1926 dans le jardin d’hiver par quatre tableaux monumentaux. Le peintre Jacques Ourtal y a représenté les occupations successives, depuis l’oppidum gallo-romain, la féodalité et les remparts du XIe, avant la reprise en main par la royauté à la faveur de la croisade des Albigeois. L’ancien palais épiscopal, abandonné depuis 1745, servit de casernement, puis fut vendu et détruit après la Révolution. Un bon siècle plus tard, en 1909, l’Hôtel de la Cité vit le jour en lieu et place. Un siècle noir pour la Cité de Carcassonne, qui tomba en désuétude et dont les pierres furent pillées.

Redorer le blason

Hotel de la Cite
@Francis Vauban – Cité Hotels

Au milieu du XIXe, Viollet le Duc entreprend sa restauration – parfois controversée. Et Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, aurait eu, dit-on, un véritable coup de foudre pour Carcassonne. De quoi redorer le blason de la cité et attirer les premiers touristes. La petite dizaine de chambres de l’hôtel est vite insuffisante. Suivront deux agrandissements en 1913 et 1927 avec la création de la grande salle de restauration néogothique. Là, entre les boiseries, les convives de la Barbacane goûtent désormais à la cuisine étoilée du chef Jérôme Ryon. Fermé en 1987, l’hôtel connut un second souffle deux ans plus tard avec son rachat par Jean-Michel Signoles. Puis il passa au groupe Orient-Express qui le vendit en 2011 à la famille Pujol, propriétaire du groupe Cité Hôtels, qui possède déjà Le Donjon dans la cité. Cet établissement cinq étoiles est désormais affilié au réseau international MGallery. Ses fenêtres côté jardin donnent sur l’enceinte de la cité et sa piscine est au pied de la basilique.

L’établissement compte cinquante-neuf chambres dont vingt-et-une suites – aux noms évocateurs : suite médiévale, néo-gothique… –, réparties en plusieurs bâtiments, comme cette maison à colombages à l’angle de la rue Saint-Louis, l’une des plus anciennes de la cité. Une histoire à retrouver dans l’ancienne salle de correspondance, où il faisait bon écrire son courrier au calme, au travers des impressions de ceux qui la vivent au plus près depuis 110 ans: les clients. Derrière les fauteuils clubs, dans la grande bibliothèque boisée, les livres d’or recèlent de prestigieuses signatures : Colette, Churchill, Grâce de Monaco, Sting…