Not just a label : Un guichet unique pour l’industrie créative

Lancée sans investissement, la plateforme Not just a label (NJAL) veut rebattre les cartes de la mode. Destinée aux créateurs responsables, elle instaure un autre modèle économique.

Comme Airbnb pour le logement ou Blablacar pour le transport, Not just a label déplace les lignes de la mode. « Nous avons changé le modèle économique du secteur en retirant les intermédiaires du système », expliquait Stefan Siegel, le fondateur de la plateforme, à l’occasion son dixième anniversaire. Avant de concevoir NJAL, ce dernier était chargé dans une banque d’investissement de l’analyse financière des principaux groupes de luxe. Parallèlement, beaucoup de ses amis étaient des créateurs de mode qui diffusaient leur modèle sur MySpace : « Je me souviens de la durée de chargement de leur page. Je me demandais pourquoi ils n’utilisaient pas une plateforme où ils pourraient valoriser leur travail, le vendre en ligne, se mettre en réseau et échanger. » Conscient que les débuts seraient difficiles, Stefan Siegel savait aussi qu’avec un site où les designers du monde entier pourraient exposer, il serait en mesure d’orienter l’industrie vers des pratiques plus durables et plus éthiques. Cela rendrait en outre justice aux créateurs « exploités depuis des décennies par les grandes marques ».

Not just a label relie les créateurs directement aux consommateurs

Ainsi est née Not just a label, une plateforme aujourd’hui utilisée par plus de 30 000 concepteurs qui, à l’occasion, se rencontrent et exposent ensemble. Comme récemment à Berlin ou à Dubaï, où ils étaient 400. Fini la période où il fallait être présents aux fashion weeks, avoir une agence de relations publiques et vendre en gros. Désormais, NJAL relie les créateurs directement aux consommateurs sans passer par les filières de promotion classiques. Pas besoin non plus de vivre à Paris, à New York, à Milan ou à Londres pour avoir de la visibilité. Tous, quelle que soit leur origine, leur culture, leur inspiration, peuvent présenter leur travail.
Ainsi émerge une industrie créative plus éthique, plus respectueuse de l’environnement, composée d’un réseau de marques indépendantes. Et, cerise sur le gâteau, cette nouvelle économie relance de petits ateliers de fabrication familiaux qui étaient en difficulté, notamment en Italie. Le défi pour les années à venir ? Développer le Web et améliorer la gestion du site, qui compte à ce jour plus de 200 000 collections et des millions d’images.

Photo 1 : DR
Photo 2 : Not just a label